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Wilhelm Canaris (crédits photos : droits réservés)

CANARIS Wilhelm

(Aplerbeck, près de Dortmund, 1er janvier 1887 - Flossenbourg, 9 avril 1945),amiral et chef du contre-espionnage allemand

Membre d’une grande famille d’industriels westphaliens, Canaris se distingue comme jeune officier de marine par des aventures téméraires et audacieuses au cours de la Première Guerre mondiale. Après trente ans de service dans la marine, il prend le 1er janvier 1935 la tête du contre-espionnage militaire allemand (Abwehr), un poste qui offre des possibilités infinies d’entrer en contact avec des personnalités politiques de premier plan. Il est aujourd’hui prouvé que Canaris comptait parmi les adversaires les plus déterminés du national-socialisme. Après avoir d’abord espéré, grâce à sa position, améliorer les r! elations de l’Allemagne avec l’étranger, il se sert ensuite de sa fonction, après avoir pris connaissance des méthodes criminelles du régime nazi, pour lutter contre les intentions bellicistes de Hitler, pour protéger et sauver de nombreux persécutés, pour tisser des liens avec le mouvement de résistance. Il ne participe pas directement à des préparations de renversement du Führer ; il se tient en retrait. Néanmoins, dès février 1944, il est démis de sa charge ; arrêté après la tentative d’attentat contre Hitler du 20 juillet 1944, il est exécuté neuf mois plus tard au camp de concentration de Flossenbürg, avec Oster et le pasteur Bonhoeffer. Mais à l’automne 1944, la Gestapo se demandait encore dans quel camp Canaris se trouvait, ce qui témoigne de la difficulté à cerner une personnalité qui balançait entre ses devoirs d’officier et les exigences de sa conscience.

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Biografia

Canaris Wilhelm  (1887-1945)

Fils d’un maître de forges, Karl Canaris, de lointaine ascendance italienne, Wilhelm Canaris est le benjamin de trois enfants. Intelligent, vif d’esprit, espiègle, il fait ses études au lycée de Duisbourg, lit beaucoup, retient sans effort et apprend facilement les langues. Au début de la Première Guerre mondiale, il prend part au combat naval de Coronel, puis à celui des Falkland, désastreux pour la flotte allemande. L’équipage de son navire est interné au Chili. Canaris réussit à s’échapper, met huit mois pour parvenir à Buenos Aires, se fait passer pour un Chilien afin de regagner l’Allemagne, où il arrive au printemps 1916. La réussite d’un tel exploit incite ses chefs à le verser dans le Service des renseignements. 

Après quelques mois d’instruction, il est envoyé en Espagne où, sous une fausse identité, il organise un réseau destiné à surveiller le mouvement des navires alliés. Alors qu’il tente de rentrer en Allemagne par l’Italie, il est arrêté et incarcéré. Puis, il parvient à revenir en Espagne par mer. Après quelques mois, il est alors recueilli clandestinement par un sous-marin allemand venu le chercher en rade de Carthagène, en octobre 1917. Il demande à reprendre de l’activité, mais dans les sous-marins. 

Après avoir suivi des cours de formation, il reçoit le commandement d’un U-Boot affecté à des opérations en Méditerranée. Au cours des années troublées qui suivent la défaite, il prend part à la lutte contre les spartakistes. Il est aussi impliqué à tort dans le meurtre de Karl Liebknecht et de Rosa Luxemburg et soupçonné d’avoir favorisé l’évasion de l’un des officiers condamnés. Le ministère de la Défense lui confie, plus tard, la création de milices patriotiques. Il est ensuite rapporteur de cette question à l’Assemblée nationale de la république de Weimar. Après cette brève intrusion dans le monde de la politique, il réintègre la Marine où il gravit normalement les échelons jusqu’en 1933. S’il n’approuve pas sans réserve la prise du pouvoir par Hitler, du moins espère-t-il que le nouveau chancelier sortira l’Allemagne du marasme, la soustraira à un coup de force communiste et redonnera à la flotte une place prépondérante. 

C’est en janvier 1935 que son expérience d’agent secret le fait désigner pour prendre la direction de l’Abwehr (Service de renseignements de l’armée). Canaris rencontre fréquemment Hitler: ses qualités de diplomate discret, capable d’écouter, d’enregistrer, de retenir et d’exécuter, sont appréciées.  

Dès 1938, année où il est promu vice-amiral, il comprend cependant que le Führer mène l’Allemagne à sa perte et s’entoure de collaborateurs hostiles au nazisme. Canaris est tourmenté par un grave conflit moral: doit-il donner sa démission? Si finalement il ne s’y résout pas, c’est pour éviter la mainmise de Heydrich sur l’Abwehr. Il est certain que son poste lui permet de protéger des personnalités antinazies, de favoriser et de soutenir les complots contre Hitler. On prétend même qu’il aurait pris des contacts avec les Alliés. Beaucoup de légendes ont couru sur sa personne, en raison de la complexité et du caractère secret de ses activités. Bien que, dès 1942, les dirigeants nazis l’aient tenu pour suspect, Canaris réussit à ne donner aucune prise à leurs attaques. Ce n’est qu’en février 1944 qu’il est relégué à l’état-major de la section de la guerre économique. Impliqué dans l’attentat du 20 juillet 1944 contre Hitler, il est arrêté, torturé et pendu au camp de concentration de Flossenbürg, bien que la Gestapo n’ait pu lui arracher des aveux, ni trouver aucun document prouvant sa participation à la préparation du complot.

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